Élan de contribution : comment rester chez soi sans rien faire?


La permaculture s’appuie sur la croyance que chaque être humain est nourri d’un élan de contribution à sa communauté (quelque soit son échelle) qui est dû à sa caractéristique d’animal social. Cet élan de contribution qui découle indirectement de répondre à la sensation d’utilité et de sens de sa propre vie, est un levier qu’il est important de prendre soin. Il répond à la fois au principe éthique de Prendre soin de l’humain et à la fois s’il est bien orienté à celui de Partager équitablement. Cet élan de contribution et de volonté d’action est particulièrement mis en avant durant de crises. De nombreuses personnes se mobilisent pour tenter de faire leur part et se sentir utiles. C’est également pour cela qu’il est si difficile, pour beaucoup d’entre nous, de rester chez soi sans rien faire durant une pandémie et un besoin d’isolation de la population.



Si ces élans sont mal organisés (que ce soit en autogestion ou non), les dommages peuvent être bien plus négatifs que l’inaction et peuvent desservir l’objectif premier de l’élan de contribution ainsi que le bien être du groupe et du bien commun. C’est pour cela qu’il me semble important d’apprendre à nous organiser ensemble et si possible de préférence en dehors des moments de crises ; quand tout va bien. Les écoles démocratiques sont des lieux particulièrement bénéfiques pour apprendre l’auto-responsabilité et l’auto-gestion dès le plus jeune âge. C’est également en partant de ce postulat ou de cette croyance d’élan de contribution que des propositions de modèles économiques tel que le revenu de base universel s’appuient.


Ce qui est complexe, c’est que parfois ne rien faire semble être la solution. Et c’est très difficile pour nous d’accepter que notre inaction peut être la réponse positive à un contexte. Pour exemple très simple, les écosystèmes non touchés par l’humain sont ceux qui sont en meilleur santé. Si je le ramène à l’échelle végétale : un arbre n’a pas besoin d’être taillé, il sait mieux que nous comment se développer pour favoriser sa propre santé. Nous le taillons pour répondre à nos besoins propres, nous l’objectifions pour qu’il devienne utilitaire (esthétique, plus productif de fruits ou autres, etc…).


Et en cas de pandémie comme aujourd’hui, il est difficile de rester chez soit et d’éprouver une sentiment d’utilité dans l’inaction. Je souhaite ici mettre un point de vigilance sur ma propre dissonance cognitive qui, de ce que je comprend, n’est pas isolée : à quel point le fait de contribuer à des groupes d'entraide est une réponse à mon besoin personnel de contribution et à quel point il est une excuse sociale? Car plus nous nous racontons des histoires socialement acceptables pour acter, moins nous restons chez nous dans l’attente de ces semaines infinissables. Loin de moi l’idée de critiquer l’entraide, au contraire elle est pour moi la manifestation de la pertinence de mettre en place des modèles économiques différents et que non, l’humain, n’est pas un inacteur de nature. Je souhaite juste soulever le fait que je sens qu'un point de vigilance sur nos dissonances cognitives est essentiel car elles peuvent éventuellement desservir l’objectif de notre élan premier : celui de prendre soin de l’humain et de sortir de ce contexte le plus rapidement possible.


Et vous? Comment gérez-vous vos dissonances?

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Christelle Fournier Permaculture

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