Préservation de semences du patrimoine : une question de survie

Mis à jour : 22 déc. 2019


Pourquoi devons-nous préserver les semences ? Petit à petit avec l’air de la révolution verte des années 70 (agriculture conventionnel, pesticide, monoculture…), des légumes et des plantes, que nos grands-parents mangeaient, ont disparu ou sont en voie de disparition. Le fait de cultiver ces semences aujourd'hui rares et de le répéter à chaque année, permet de conserver notre patrimoine botanique légumier ! Il n'est malheureusement pas possible de simplement garder les semences pendant des années et espérer les replanter plus tard. En effet, chaque la semence en dormance a un nombre d'année de vie limitée variable selon les espèces, les variétés et le contexte de conservation. Après ce temps, elle meurt. Elle perd sa capacité de germination.

Au delà de la valeur patrimoniale, historique, aujourd'hui la sur-sélection nous a amené à produire des semences très spécifiques. Le fait même de perdre de la diversité de variété, nous amène à perdre en patrimoine génétique et donc en résilience. La conséquence pour un futur climatiquement différent, est que certains de nos légumes risquent de souffrir des changements climatiques et possiblement seront incapables de s'y adapter. Seul un brassage génétique grâce une diversité de variété semble offrir la possibilité d'adaptation et de résilience pour notre nourriture de demain.


Que puis-je faire ?

Trois actions accessibles en fonction de ton contexte

1. Acheter des légumes locaux cultivés avec des semences locales du patrimoine

2. Acheter des semences du patrimoine à des semenciers locaux pour soutenir leur travail

3. Adopter des semences et les cultiver soit-même via un accompagnement technique de personnes ayant la connaissance, car l'art de la semence peut s'avérer complexe.


Où apprendre ?

Il faut fouiller un peu et trouver des semenciers locaux qui ont pour mission la préservation de la biodiversité et du patrimoine légumier. Allez les rencontrer !


Dans le Rhône (France), le Centre de Ressources de Botanique Appliquée (CRBA) propose à tout un chacun d’aider à conserver des semences de la région en les adoptant. Le processus est simple : vous adoptez, vous plantez vous observez et vous récoltez les graines que vous redonnez au CRBA. Pour vous soutenir, le CRBA offre un accompagnement sur mesure pour apprendre à cultiver et préserver les semences patrimoniales dont vous avez la charge. Une véritable collaboration qui repose sur l'économie du partage pour le bien commun où scientifique et écocitoyens se côtoient.


Préservation de Sarrasin et Haricot au sein de notre Ferme Aux P'tits Oignons (France)

SARRASIN

Nous les avons planté le  19 mars 2015 et ce pour la majorité ensemble en monoculture, quelques graines ont été planté en association avec des tournesols et d’autres avec du maïs.

Nous n’avons observé aucune différence entre ces plantations


Type de travail du sol sur lequel nous avons planté

Nous avons fait sur ce sol des apports en compost de vache bio durant l’automne 2014. Nous l’avons bâché jusqu’au février 2015 puis labouré en surface.


Taux de germination

Quasi 100%    le 25 mars 2015


Maladie et attaque extérieure

Les cotylédons de tous les sarrasins ont été attaqué par un insecte, cependant, nous n'avons pas observé de faiblesse notable ou de stagnation du développement du sarrasin.

Lorsque le sarrasin avait plusieurs semaines et qu’il avait environ 8 feuilles, il a été attaqué par des pucerons. Cela a déformé certaines feuilles. nous avons donc fait des lâchés d’insectes auxiliaires (larves de coccinelle et coccinelles, …..). Une semaine après tout était bon.


Transplantation

Une partie du sarrasin a été envahi par du chiendent. Afin de lui laisser une chance, nous avons déplanté une 15ène de sarrasin qui avaient environ 4 feuilles, arraché le chiendent et leurs racines, puis replanté… Une 10ène de sarrasin sont repartis et ont rattrapé le développement des autres.


Fleuraison

Des petites fleurs magnifiques blanches et certaines rosées sont sorties autour du 15 mai 2015. Les plants continuent cependant de pousser.


Récolte

Les semences sont de telles petites tailles qu'il est laborieux de les récolter, les trier et les conserver dans de bonnes conditions.

Notre récolte a été bonnes et nous avons pu offrir 80% de notre récolte au CRBA qui mettre ces semences à la culture les années suivantes par d'autres adoptant.


HARICOT grain de café de la Bresse ramant

Nous souhaitions tenter une milpa (association de maïs, haricot rampants et courges sous l’inspiration de la tradition Maya). Nous avons fait des essais sur 2 types de travail du sol.

Il faut pour cela : planter le maïs puis une fois sortie planter les haricots. En parallèle, il faut semer de courges dans des godets et les planter lorsqu’elles sont assez grandes (3 feuilles environ).


Type de travail du sol sur lequel nous avons planté


Type A de travail du sol

Nous avons apporté sur ce sol du compost de vache bio durant l’automne 2014. Nous l’avons bâché jusqu’à février 2015 puis labouré en surface.

Le maïs a pris facilement. Nous avons donc planté les haricots quelques semaines après, soit le 17 mai 2015.


Taux de germination

Quasi 100% le 27 mai 2015

Maladie ou attaque extérieure

Quelques feuilles attaquées, mais globalement les haricots se portent bien.


Fleuraison

Ils ont bien poussé et sont très beaux. Ils sont presque en fleur (26 mai 2015).


Milpa

Elle fonctionne à merveille.

Récolte

La récolte a été une réussite. Par contre, les gousses de haricots ne donnant que peu de semence, la préservation des haricots est un vrai défi qui demande énormément de surface cultivée pour les conserver pour l'année suivante.


Type B de travail du sol

Nous avons fait des apports en compost de vache bio puis paillé durant l’automne 2014.

Le maïs a été mangé par des campagnols durant leur germination au sol, seul 3 maïs sont sortis, mais ont été envahi pour du chiendent et des orties. Nous avons donc réalisé des semis de maïs que nous avons transplanté lorsqu’ils ont atteint 15cm de haut, après avoir soigneusement tenté d’arracher le chiendent et l’ortie. Nous avons semé le même jour les haricots au pied des maïs.


Taux de germination

Quasi 100%

Maladie ou attaque extérieure

Les haricots ont subit énormément d'attaques sur leurs feuilles par des insectes ravageurs, mais ils semblent résister.

Récolte

La récolte a été nulle. Les haricots n'ont pas atteint leur stade de maturité pour fleurir.

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Christelle Fournier Permaculture

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