Permaculture : Prendre soin de l'humain en groupe


La permaculture s'appuie sur trois principes éthiques de base incluant celui de Prendre soin de l'humain. Ce principe éthique est composé de deux faces d'une même pièce : prendre soin des autres et prendre soin de soi.


Ici, je propose d'observer la dynamique entre les deux faces de cette même pièce lorsque nous souhaitons collaborer ensemble et mobiliser l'intelligence collective.


Le ''Nous'' et les ''Je'' : un équilibre dynamique au sein du collectif


Le fait de vouloir prendre soin de l'humain lors de projets collectifs crée une évolution spécifique de la dynamique du groupe. Entre le désir du faire-ensemble et le désir de prendre soin de soi, un équilibre dynamique va se mettre en place petit à petit. Cette recherche d'équilibre permettra au collectif d'atteindre une certaine maturité s'il prend soin des points de vigilance qui favorisent ou non la mobilisation de l'intelligence collective.


Souvent lors de l'émergence d'un nouveau groupe d'individu autour d'un projet, la création d'un ''Nous'' émerge. C’est cet élan de co-création commune qui nous met en joie. Ceci étant, il faut rester conscient que ce ''Nous'' fraichement né est très passionné, mais très peu solide. Je dirai que c'est une lune de miel. C'est un moment où chaque individu a une volonté de collaborer et oublie ses besoins personnels. Cette dynamique est naturel. Cet élan fort permettra de rêver ensemble dans la joie et cela est très important pour la suite du projet. Cependant oublier ses besoins, offrir trop dans un groupe, rend évidemment le projet non-pérenne. Pourquoi? Car cette dose donnée en surplus, sera offerte très généreusement à court terme, mais à moyen et long terme cela va créer un essoufflement, un début de comparaison des efforts de chacun, etc. Je le rappelle, c'est normal. Et cela arrive à chaque fois, même avec des groupes matures. La différence est que les groupes matures connaissent la suite du processus de dynamique de groupe et sont beaucoup plus résilients.



Ce ''Nous immature'' crée un déséquilibre entre le ''Nous'' et les ''Je'' de chaque individu. À son apogée, il créera une distorsion, un moment fort désagréable. Ce moment charnière que j'appellerai les ''Je immatures'' est très important, et il est précieux. J'invite tout un chacun à prendre la responsabilité de l'accueillir comme un cadeau. Un cadeau fort désagréable au début, mais s'il est embrassé convenablement, il sera une première réussite forte de groupe qui augmentera la confiance. Une confiance en la capacité de résoudre des conflits de façon créative et également une confiance en la capacité du groupe à écouter les besoins individuels de chacun lorsqu'il y a désaccord. Cette distorsion peut se manifester de nombreuses façons. Cependant, les deux formes les plus présentent, sont soit une personne qui commence à se plaindre de l'iniquité de l'implication, soit une démobilisation pas à pas des membres sans le nommer. En réalité, même si la confrontation semble être la voie la plus désagréable des deux, elle est en réalité la plus facile à rééquilibrer. Pour grandir et mûrir, le groupe se doit de créer pas à pas un lieu dit sécuritaire où tout pourra s'y dire sans jugement. Autant dire que ce n'est pas évident, pourtant je sais par l'expérience que cela est faisable. À ce moment là, chaque personne du groupe doit prendre la responsabilité de nommer ses besoins et ses limites personnelles, doit écouter le cœur ouvert et avec bienveillance les besoins et les limites des autres, même lorsque cela entre en conflit éventuel avec les siens et remercier la qualité de ce partage. Pour finir, chaque individu doit questionner son égo face aux objectifs du projet et essayer de se déposer dans la croyance de l'émergence d'une réponse créative qui pourra partiellement équilibrer le ''Nous'' et les ''Je''.

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Christelle Fournier Permaculture

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